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CFB 2021 : Une chance à saisir pour regagner notre leadership !

Le 5ème Congrès France Bioproduction, co-organisé cette année par Polepharma et Medicen, aura lieu les 17 et 18 juin prochains, à Tours (Indre-et-Loire). Cette édition s’inscrit dans la dynamique positive de l’Alliance France Bioproduction avec le souhait de rassembler et fédérer le plus largement possible les acteurs publics et privés français pour regagner le leadership à l’horizon 2030. « C’est une chance à saisir pour développer nos capacités de production et influer sur notre futur pour qu’il soit plus innovant, accessible et orienté vers le made in France » note le président de cette 5e édition, Guillaume Plane, Marketing & Development Process Solutions, Merck Group, parmi les pionniers en la matière, pour annoncer un congrès résolument placé sous le signe de l’échange d’expériences et de la convivialité.

Investissements publics et privés, créations d’un Grand Défi et d’une Alliance, lancement du Campus Digital Biotech, … la bioproduction est au centre de l’attention ces derniers mois. Comment l’expliquez-vous ?

Ce ne sont que des bonnes nouvelles, et la volonté politique qui nous manquait !

Nous n’avons cessé de le répéter au cours des précédents congrès : au fil des ans, et malgré les nombreux investissements, la France n’est toujours pas bien positionnée dans la course européenne et mondiale à la bioproduction. Elle est passée en une décennie du premier au quatrième rang en Europe. La pandémie mondiale a révélé notre désinvestissement dans la recherche, la production made in France et, au final, notre manque d’autonomie sanitaire, en particulier sur les médicaments essentiels. Nous avons effectivement pris un virage tardif vers la production des anticorps monoclonaux (mAbs), amorcé dans les années 2000. Le retard à rattraper est énorme aujourd’hui vis-à-vis de pays comme la Corée du Sud et la Chine, dont les capacités de production atteignent des volumes record, avec des leaders comme Samsung Biologics (375 000 litres de mAbs) et Wuxi Biologics (250 000 litres) poussés à partir à la conquête du monde. Mais il n’est pas trop tard pour prendre le leadership dans le domaine naissant des thérapies cellulaires et géniques avec, parmi les champions français, des sociétés comme Cellectis. Et de s’assurer que demain, tous les patients français puissent avoir accès à l’innovation, avec une indépendance sanitaire garantie.

A quelle condition pourra-t-on tirer notre épingle du jeu ?

L’objectif poursuivi, dans le prolongement des travaux du Comité stratégique de filières des Industries et Technologies de Santé (CSF ITS), est de favoriser l’industrialisation des technologies de rupture pour la bioproduction afin d’améliorer la productivité d’au moins un facteur 100 d’ici dix ans, garantissant ainsi une production rapide, de qualité et à des coûts abordables. Il en va aussi de la compétitivité de nos entreprises et de l’attractivité de notre territoire en matière de bioproduction. Outre la création du Campus Biotech Digital, une vingtaine de projets de R&D structurants ont été lancés ces derniers mois pour plus de 50 millions d’euros. A cela s’ajoutent les six intégrateurs industriels qui ont été labellisés par le Grand Défi Biomédicaments en collaboration avec le CSF-ITS, ainsi que les investissements menés conjointement en France dans divers projets industriels visant les biothérapies (usines, pilotes industriels) pour un montant total de plus de 800 millions d’euros, selon le ministère de l’Industrie. Au-delà de ces efforts, la création de l’Alliance Française de Bioproduction a pour but de coordonner les acteurs privés et publics pour faire de notre pays un leader de la bioproduction. Cela passera notamment par l’installation de lignes et d’usines de production en France. Encore une fois, ce ne sont vraiment que des bonnes nouvelles !

Quelle est l’importance du Congrès France Bioproduction dans cette dynamique ?

Compte-tenu de ces enjeux, nous avons souhaité – avec le comité de programmation, que le congrès soit le plus fédérateur possible sur notre territoire. Nous avons privilégié trois axes : le partage de connaissances pour les industriels, universitaires et étudiants qui veulent élargir leurs points de vue ; l’échange d’expériences entre industriels et partenaires ; et des échanges utiles pour éclairer la décision publique, dans le contexte de crise sanitaire, afin d’orienter les politiques à moyen et long-terme et ainsi, soutenir notre pays. C’est dans ce sens que Polepharma s’est associé à Medicen pour co-organiser cette nouvelle édition. Dans le même temps, nous avons trouvé le moyen original de mettre en lumière les atouts de nos territoires et de créer l’émulation pour rassembler largement le jour J. L’ensemble des pôles de compétitivité et clusters santé sont actuellement mobilisés dans le French #Bioproduction Tours (FBT), en partenariat avec le Comité Stratégique de Filière ITS  Bioproduction, le Grand Défi Biomédicaments, le Leem et France Biotech et de nombreux acteurs locaux : Genopole, TWB, Bio3 Institute, Groupe IMT, …. Une dynamique collective qui valorise les forces vives de la bioproduction. C’est une expérience totalement unique et appréciée par plus d’une centaine d’internautes tous les mois !

Quels seront les points forts du programme du congrès ?

Nous attendons une large audience de personnes impliquées dans la bioproduction et venant des quatre coins de la France voire d’Europe. Le programme va s’articuler autour de quatre thèmes structurants :

– la « Bioproduction : Enjeux et Actualités », à laquelle participera notamment Emmanuel Dequier, qui pilote le Grand Défi Biomédicaments. Nous la voulons participative, dans le but de dresser un état des lieux de la situation actuelle et d’apporter à chacun une meilleure compréhension des atouts, faiblesses, compétences et opportunités à travailler ensemble. 

– le transfert de technologies dans l’innovation : « De l’expérience des protéines thérapeutiques au service des nouvelles biothérapies : Apports et Limites. » Avec la participation de Jillian Marc, enseignant-chercheur de l’université de Tours, spécialiste des biotechnologies, qui viendra nous présenter un panorama du développement des biomédicaments, depuis les protéines recombinantes (EPO, facteurs de croissance) dans les années 1980, les anticorps monoclonaux (mAbs) dans les années 1990 et jusqu’à aujourd’hui avec les thérapies cellulaires, géniques, vaccins, ARN messager… L’idée est ici de construire sur l’existant, notamment sur la production de mAbs à partir de cellules mammifères, qui constitue encore le plus gros du marché, pour dessiner de manière prospective ce que sera la production des biomédicaments au cours des dix prochaines années. Nous avons actuellement près de 300 mAbs en recherche clinique sur les axes thérapeutiques du cancer et des maladies auto-immunes. La recherche est également très active sur les thérapies cellulaires et géniques. 

– le scale-up dans la bioproduction au travers de l’« Evolution des Modes de Bioproduction : de la R&D à l’industrialisation. » Dans une approche plus horizontale, nous avons demandé à différents intervenants comme Astraveus, TreeFrog, Cellprothera, Univercells et GTP, de venir expliquer comment on passe de l’étape de R&D à l’activité industrielle, pour aller jusqu’au lit du patient. L’intérêt est de formaliser l’ensemble des étapes dès le départ de manière à avoir un process optimal et reproductible, intégrant la forme galénique, le système d’administration, la distribution ou encore la logistique. Les nouvelles biothérapies nous invitent à revoir le paradigme de la production et de la distribution, en centrant ces questions sur le patient. 

– les problématiques et les solutions proposées pour retrouver une souveraineté industrielle forte d’ici 2030 : « Bioprocessing 4.0 : les avancées ». Nous attendons des interventions ciblées d’industriels et de fournisseurs comme Merck, Sanofi, Pathoquest, … »

Voulez-vous souligner d’autres points intéressants ?

Nous travaillons également à la mise en place d’une session spéciale dédiée à la supply chain au cours de laquelle des industriels et les principaux équipementiers : Merck, Danaher, Thermo Fisher Scientific, GE, Sartorius Stedim Biotech…, interviendraient pour parler des approvisionnements, un sujet sensible en cette période de pandémie. Le marché de la production pharmaceutique a fait un bond de 25 % cette année, mais nos usines dans le monde n’étaient pas forcément dimensionnées pour l’absorber, ce qui a rallongé les délais. Nous espérons que cette session fera naître des échanges constructifs et, pour l’avenir, une compréhension réciproque des enjeux.

Qu’est ce qui fera selon vous la réussite du congrès ?

D’abord, la satisfaction des participants qui pourront repartir « augmentés » (« plus informés ») grâce au partage de connaissances et au travail transversal initiés entre les différents réseaux. Ce qui compte également, c’est de faire avancer les travaux dans la filière, avec un message vers les décideurs politiques, pour que se concrétisent les projets de production et d’usines dans notre pays. En tous cas, ils doivent trouver les moyens d’accélérer, car le reste du monde ne nous attendra pas. Tous les acteurs de nos territoires en ont bien conscience, et la mobilisation est forte dans le French #Bioproduction Tours (FBT) !

Propos recueillis par Marion Baschet Vernet

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